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Avril 2003 : La photo du mois

Photo ©  ETMH

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Maquillage Antony CHASSET, Modèle Elodie MONNIER, Stylisme fleurs Samuel LEVRON -Photo Piotr Rosinski pour ETMH
Maquillage Aurore BERGERE, Modèle ITANO MEGUMI -Photo Piotr Rosinski pour ETMH


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L'interview du mois : ALICE GHENDRIH, star du maquillage
Propos recueillis par Joanne Delapo
rte (JD)


Alice GHENDRIH est une personne étrange et fascinante. Belle à tomber du dedans et du dehors, énigmatique, une personnalité qui vous transperce au premier regard. Ancienne élève Chauveau dans le début des années 80, elle est devenue incontestablement une star du maquillage, travaillant pour les photographes prestigieux comme Sarah Moon, Paolo Roversi ou Miles Aldridge dans des magazines non moins prestigieux tel Vogue Italie, The Face, V Magazine, Glamour, City…
Alice vit dans le présent à fond, lui faire reparler du passé n’est pas aisé, le chemin parcouru appartient à une époque révolue, seul l’avenir compte.
Nous avons néanmoins tenté de remonter le temps, et de raconter le parcours de cette artiste hors pair, Alice ne se livre pas facilement au jeu de l’interview mais a finalement accepté de se replonger dans ses souvenirs le temps d’une furtive rencontre.


JD : Te souviens-tu de ton année de promotion à l’école Chauveau ?
Alice : Pas précisément, je crois que c’était en 82/83, ça fait un bail. Je me souviens que Dany Sanz était directrice, nous étions Bd Haussmann, je sais que j’avais une excellente prof Julie, elle m’a apporté ce que je cherchais exactement.

JD
: Justement, comment est venue cette vocation ?
Alice : Très jeune, vers 12 ans, j’étais fascinée par la transformation que l’on obtenait avec le maquillage, je ressentais déjà le pouvoir de création à travers les mélanges de matière et de couleurs, je pouvais inventer des personnages. A 16 ans, je savais que j’exercerai cette profession.

JD : Comment s’est passé l’après Chauveau ?
Alice : Réussir une carrière prend beaucoup de temps. Après l’école, je me suis inscrite en indépendante, j’ai fait beaucoup de tests pour de jeunes photographes, je voulais travailler dans la mode, mais cela a pris un certain temps avant que je me fasse une réputation. J’ai galéré pendant presque sept ans, mais en même temps je faisais ce qui me plaisait, j’étais très rigoureuse dans mes choix, la seule façon d’arriver à ses fins. Pendant cette période je suis allée à New York où j’ai commencé à travailler pour le magazine « The Face », je pratiquais un nouveau style, synthétique, plastique ce qui m’a permis de rejoindre l’agence Velvet qui accueillait entre autre Fred Farruggia ou Topolino.
A ce moment je me suis donnée trois ans pour réussir, je suis restée un an chez Velvet puis j’ai intégré l’équipe d’Atlantis. Je travaille exclusivement avec mon agent qui me trouve les prises de vues. Je suis très sélective, je travaille 10 à 15 jours par mois avec les photographes qui m’intéressent, ceux dont la personnalité me colle à la peau, c’est essentiel afin de créer dans une direction commune en harmonie.


JD : Te considères-tu comme atypique dans la profession ?
Alice : Ce qui me passionne c’est la création. J’aime les matières nouvelles, je fabrique mes produits, mes textures selon l’atmosphère des photos à réaliser.
Bien sur, il m’arrive d’accomplir des maquillages plus classiques, mais en règle générale dans la presse j’essaie de faire des choses nouvelles chaque fois.

JD : Qu’aimerais-tu faire que tu n’as pas encore réalisé ?
Alice : Je suis restée en contact avec Dany Sanz, créatrice de Make up for ever, j’aimerais découvrir les subtilités de la création de produits.
Et puis j'ai des projets plus puissants dont je ne peux encore parler.


Photo ©  ETMH, Alice GHENDRIH



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