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L'interview du mois : ALICE GHENDRIH, star
du maquillage
Propos recueillis
par Joanne Delaporte (JD)
Alice GHENDRIH est une personne étrange
et fascinante. Belle à tomber du dedans et du dehors, énigmatique,
une personnalité qui vous transperce au premier regard. Ancienne
élève Chauveau dans le début des années
80, elle est devenue incontestablement une star du maquillage, travaillant
pour les photographes prestigieux comme Sarah Moon, Paolo Roversi ou
Miles Aldridge dans des magazines non moins prestigieux tel Vogue Italie,
The Face, V Magazine, Glamour, City…
Alice vit dans le présent à fond, lui faire reparler du
passé n’est pas aisé, le chemin parcouru appartient
à une époque révolue, seul l’avenir compte.
Nous avons néanmoins tenté de remonter le temps, et de
raconter le parcours de cette artiste hors pair, Alice ne se livre pas
facilement au jeu de l’interview mais a finalement accepté
de se replonger dans ses souvenirs le temps d’une furtive rencontre.
JD : Te souviens-tu de ton année de promotion à l’école
Chauveau ?
Alice : Pas précisément,
je crois que c’était en 82/83, ça fait un bail.
Je me souviens que Dany Sanz était directrice, nous étions
Bd Haussmann, je sais que j’avais une excellente prof Julie, elle
m’a apporté ce que je cherchais exactement.
JD : Justement, comment est venue cette
vocation ?
Alice : Très jeune, vers 12 ans, j’étais
fascinée par la transformation que l’on obtenait avec le
maquillage, je ressentais déjà le pouvoir de création
à travers les mélanges de matière et de couleurs,
je pouvais inventer des personnages. A 16 ans, je savais que j’exercerai
cette profession.
JD : Comment s’est
passé l’après Chauveau ?
Alice : Réussir une carrière prend beaucoup de
temps. Après l’école, je me suis inscrite en indépendante,
j’ai fait beaucoup de tests pour de jeunes photographes, je voulais
travailler dans la mode, mais cela a pris un certain temps avant que
je me fasse une réputation. J’ai galéré pendant
presque sept ans, mais en même temps je faisais ce qui me plaisait,
j’étais très rigoureuse dans mes choix, la seule
façon d’arriver à ses fins. Pendant cette période
je suis allée à New York où j’ai commencé
à travailler pour le magazine « The Face », je pratiquais
un nouveau style, synthétique, plastique ce qui m’a permis
de rejoindre l’agence Velvet qui accueillait entre autre Fred
Farruggia ou Topolino.
A ce moment je me suis donnée trois ans pour réussir,
je suis restée un an chez Velvet puis j’ai intégré
l’équipe d’Atlantis. Je travaille exclusivement avec
mon agent qui me trouve les prises de vues. Je suis très sélective,
je travaille 10 à 15 jours par mois avec les photographes qui
m’intéressent, ceux dont la personnalité me colle
à la peau, c’est essentiel afin de créer dans une
direction commune en harmonie.
JD : Te considères-tu
comme atypique dans la profession ?
Alice : Ce qui me passionne c’est la création. J’aime
les matières nouvelles, je fabrique mes produits, mes textures
selon l’atmosphère des photos à réaliser.
Bien sur, il m’arrive d’accomplir des maquillages plus classiques,
mais en règle générale dans la presse j’essaie
de faire des choses nouvelles chaque fois.
JD : Qu’aimerais-tu faire que tu n’as pas encore
réalisé ?
Alice : Je suis restée en contact avec Dany Sanz, créatrice
de Make up for ever, j’aimerais découvrir les subtilités
de la création de produits.
Et puis j'ai des projets plus puissants dont je ne peux encore parler.

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