| L'interview du mois : Dominique Christen, ancien élève,
membre du jury de remise des diplômes de fin d'année
Propos recueillis
par Joanne Delaporte (JD)
JD :Tout d’abord, de
quelle promotion es-tu et racontes- moi ton parcours jusque chez Chauveau
?
Dominique : Je suis de la promotion 1996/1997.
J’ai fait l’école Chauveau alors que j’étais
dans la vie professionnelle depuis 7 ans, je travaillais dans le prêt-à-porter
masculin après avoir fait une école d’étalage.
Je ressentais que je n’avais pas encore trouvé ma véritable
vocation, j’ai commencé à me remettre en question
et me suis dit, « il faut que tu te bouges ». L’univers
de la cosmétique et de l’esthétique m’a toujours
plu, j’aimais le contact des produits, les couleurs, les odeurs,
je maquillais depuis ma plus tendre enfance les membres de ma famille
à l’occasion des fêtes.
J’ai réalisé alors que là était mon
horizon, il était devenu une évidence de devoir passer
par une école afin de savoir maquiller, comprendre au-delà
de l’observation des volumes et des lumières mais aussi
les caractéristiques qui la composent, les techniques permettant
de mettre en valeur le maquillage.
J’ai entamé les démarches pour obtenir un congé
de formation auprès de mon employeur, envisageant de faire une
école de maquillage. J’ai rédigé une lettre
de motivation au Fongécif, mon dossier a été accepté,
j’ai pu être financé à 90%
Après quelques recherches, je me suis fixé sur l’école
Chauveau à cause de sa réputation, et surtout, j’ai
eu un excellent contact avec Lemou. Il a l’art de dédramatiser
nos idées préconçues, nos peurs de ne pas y arriver.
Au début la technique nous semble tellement vaste que l’on
craint de ne pas être à la hauteur, il m’a tout de
suite mis à l’aise et m’a encouragé, je me
suis lancé dans l’aventure avec passion.
JD :Avec le recul
que retiens-tu de cette année ?
Dominique : C’est la plus belle année de ma vie,
j’étais extrêmement motivé, par rapport à
beaucoup d’élèves, j’avais une certaine maturité,
je me suis investi à100%, j’ai suivi le cursus normal et
les cours de Cidesco qui permettent d’appréhender une vision
plus globale et générale du maquillage à travers
l’histoire de l’art et du cinéma, ces cours enrichissent
énormément la formation.
Pendant les vacances je continuais de travailler sur mon stand à
la Samaritaine, ce fût une année très intense mais
j’en garde un merveilleux souvenir
JD :Avais-tu un plan de carrière
? Une idée précise de ce que tu allais faire après
l’obtention de ton diplôme et comment cela s’est-il
passé ?
Dominique : Oui, mon ambition a toujours été très
claire, je souhaitais représenter une marque. J’avais aussi
besoin de travailler avec régularité, le statut free-lance
ne correspond pas à ma personnalité. J’ai naturellement
proposé mes services à la Samaritaine pour le rayon parfumerie.
L’acheteuse m’a fait miroiter un poste mais les mois passaient
et rien ne se profilait. J’étais impatient, aussi après
quelques mois j’ai envoyé des CV à plusieurs groupes
comme Dior, Mac, YSL… J’ai reçu une réponse
positive chez Mac par Kyhung Ree qui me parle du lancement de la marque
Bobbi Brown et souhaite m’intégrer dans le Staff de départ.
Pour moi, c’était une superbe opportunité.
Les mois qui ont suivi furent un pur bonheur, nous travaillions au sein
d’une équipe très soudée, l’enthousiasme
que nous dégagions a fait exploser le chiffre d’affaires
en quelques semaines, du jamais vu, j’adorai l’idée
de relever un défi de cette envergure. Les résultats obtenus
m’ont propulsé en avant et la direction m’a proposé
de représenter la marque au Japon où j’ai effectué
trois séjours, puis en Espagne.. Partout j’ai multiplié
par trois les objectifs prévus.
JD :Qu’est ce qui a mis
fin à cette belle aventure ?
Dominique : Une restructuration de l’équipe, et
de ce fait la perte de la magie d’une parfaite collaboration.
Lorsqu’en 1999, je fus contacté par le groupe Armani, j’ai
rejoins l’équipe, et j’y suis depuis ce temps, j’ai
bien trouvé mes marques et je suis heureux.
JD :Je t’ai observé
sur le stand avec une cliente et j’ai été frappée
par ta qualité d’écoute.
Dominique : La vente, c’est 90% de psychologie. Comprendre
le but de la cliente. Il y a trois grands cas de figure :
Soit la cliente sait exactement ce qu’elle désire et donc
ne pas la contrarier, même si ses choix ne sont pas judicieux.
Soit elle assiste, par exemple à une démonstration de
maquillage et souhaite se laisser conseiller et guider. Là alors
un travail d’observation est primordial, mettre en valeur les
lignes, le teint, valoriser le visage. Je peux mettre à profit
toutes mes compétences au service de la cliente.
Parfois une femme vient avec une idée déterminée,
mais à force de persuasion je la guide vers d’autres teints,
des couleurs plus adaptées, elle fait confiance à mon
savoir faire et se laisse conseiller.
Mais il faut sans cesse être à l’écoute du
désir de celle-ci et y répondre méticuleusement,
il n’est pas difficile de s’adapter, telle est ma fonction
et je le fais dans un plaisir sans cesse renouvelé.
JD :Tu as l’air heureux
et avoir trouvé ta voie, y a-t-il autre chose que tu voudrais
rajouter ?
Dominique : Oui, il y a trois ans Christian Chauveau m’a
contacté afin que je fasse partie du jury de remise des diplômes
de fin d’année. C’est pour moi la plus belle des
récompenses et qui me lie affectivement à cette école.
J’en lui en serai éternellement reconnaissant
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