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Mars 2003: La photo du mois

L'interview du mois : Dominique Christen, ancien élève, membre du jury de remise des diplômes de fin d'année
Propos recueillis par Joanne Delaporte (JD)

Dominique sur son stand ArmaniJD :Tout d’abord, de quelle promotion es-tu et racontes- moi ton parcours jusque chez Chauveau ?
Dominique : Je suis de la promotion 1996/1997.
J’ai fait l’école Chauveau alors que j’étais dans la vie professionnelle depuis 7 ans, je travaillais dans le prêt-à-porter masculin après avoir fait une école d’étalage. Je ressentais que je n’avais pas encore trouvé ma véritable vocation, j’ai commencé à me remettre en question et me suis dit, « il faut que tu te bouges ». L’univers de la cosmétique et de l’esthétique m’a toujours plu, j’aimais le contact des produits, les couleurs, les odeurs, je maquillais depuis ma plus tendre enfance les membres de ma famille à l’occasion des fêtes.
J’ai réalisé alors que là était mon horizon, il était devenu une évidence de devoir passer par une école afin de savoir maquiller, comprendre au-delà de l’observation des volumes et des lumières mais aussi les caractéristiques qui la composent, les techniques permettant de mettre en valeur le maquillage.
J’ai entamé les démarches pour obtenir un congé de formation auprès de mon employeur, envisageant de faire une école de maquillage. J’ai rédigé une lettre de motivation au Fongécif, mon dossier a été accepté, j’ai pu être financé à 90%
Après quelques recherches, je me suis fixé sur l’école Chauveau à cause de sa réputation, et surtout, j’ai eu un excellent contact avec Lemou. Il a l’art de dédramatiser nos idées préconçues, nos peurs de ne pas y arriver. Au début la technique nous semble tellement vaste que l’on craint de ne pas être à la hauteur, il m’a tout de suite mis à l’aise et m’a encouragé, je me suis lancé dans l’aventure avec passion.

JD :Avec le recul que retiens-tu de cette année ?
Dominique : C’est la plus belle année de ma vie, j’étais extrêmement motivé, par rapport à beaucoup d’élèves, j’avais une certaine maturité, je me suis investi à100%, j’ai suivi le cursus normal et les cours de Cidesco qui permettent d’appréhender une vision plus globale et générale du maquillage à travers l’histoire de l’art et du cinéma, ces cours enrichissent énormément la formation.
Pendant les vacances je continuais de travailler sur mon stand à la Samaritaine, ce fût une année très intense mais j’en garde un merveilleux souvenir

Photo ©  ETMH, Dominique ChristenJD :Avais-tu un plan de carrière ? Une idée précise de ce que tu allais faire après l’obtention de ton diplôme et comment cela s’est-il passé ?
Dominique : Oui, mon ambition a toujours été très claire, je souhaitais représenter une marque. J’avais aussi besoin de travailler avec régularité, le statut free-lance ne correspond pas à ma personnalité. J’ai naturellement proposé mes services à la Samaritaine pour le rayon parfumerie. L’acheteuse m’a fait miroiter un poste mais les mois passaient et rien ne se profilait. J’étais impatient, aussi après quelques mois j’ai envoyé des CV à plusieurs groupes comme Dior, Mac, YSL… J’ai reçu une réponse positive chez Mac par Kyhung Ree qui me parle du lancement de la marque Bobbi Brown et souhaite m’intégrer dans le Staff de départ. Pour moi, c’était une superbe opportunité.
Les mois qui ont suivi furent un pur bonheur, nous travaillions au sein d’une équipe très soudée, l’enthousiasme que nous dégagions a fait exploser le chiffre d’affaires en quelques semaines, du jamais vu, j’adorai l’idée de relever un défi de cette envergure. Les résultats obtenus m’ont propulsé en avant et la direction m’a proposé de représenter la marque au Japon où j’ai effectué trois séjours, puis en Espagne.. Partout j’ai multiplié par trois les objectifs prévus.


JD :Qu’est ce qui a mis fin à cette belle aventure ?
Dominique : Une restructuration de l’équipe, et de ce fait la perte de la magie d’une parfaite collaboration. Lorsqu’en 1999, je fus contacté par le groupe Armani, j’ai rejoins l’équipe, et j’y suis depuis ce temps, j’ai bien trouvé mes marques et je suis heureux.


JD :Je t’ai observé sur le stand avec une cliente et j’ai été frappée par ta qualité d’écoute.
Dominique : La vente, c’est 90% de psychologie. Comprendre le but de la cliente. Il y a trois grands cas de figure :
Soit la cliente sait exactement ce qu’elle désire et donc ne pas la contrarier, même si ses choix ne sont pas judicieux.
Soit elle assiste, par exemple à une démonstration de maquillage et souhaite se laisser conseiller et guider. Là alors un travail d’observation est primordial, mettre en valeur les lignes, le teint, valoriser le visage. Je peux mettre à profit toutes mes compétences au service de la cliente.
Parfois une femme vient avec une idée déterminée, mais à force de persuasion je la guide vers d’autres teints, des couleurs plus adaptées, elle fait confiance à mon savoir faire et se laisse conseiller.
Mais il faut sans cesse être à l’écoute du désir de celle-ci et y répondre méticuleusement, il n’est pas difficile de s’adapter, telle est ma fonction et je le fais dans un plaisir sans cesse renouvelé.

JD :Tu as l’air heureux et avoir trouvé ta voie, y a-t-il autre chose que tu voudrais rajouter ?
Dominique : Oui, il y a trois ans Christian Chauveau m’a contacté afin que je fasse partie du jury de remise des diplômes de fin d’année. C’est pour moi la plus belle des récompenses et qui me lie affectivement à cette école. J’en lui en serai éternellement reconnaissant

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