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L'interview
du mois : Guy Chane Chick Te
Propos
recueillis par Joanne Delaporte (JD)
JD : GUY, tu
es le plus ancien professeur de l'école Chauveau et responsable
de la scolarité. Tu y enseignes depuis plus de dix ans. Quel est
ton parcours ?
GUY : J'ai voyagé beaucoup étant enfant, je vivais
à la Réunion. Après des études scientifiques
et un an d'enseignement en physique, je souhaitais venir en France terminer
mes études.
Je savais alors que je voulais enseigner, j'aurais pu aller jusqu'au doctorat,
faire de la recherche, j'aurais voulu faire les Beaux-Arts, je me suis
inscrit à la fac en Histoire de l'art, mais ma véritable
passion était manuelle, la mode et la peinture m'attiraient, j'ai
choisi de rentrer à l'école Chauveau en 87/88, cela reflétait
mon inspiration profonde.
JD : Qu'as-tu fait après ?
GUY : J'ai travaillé en tant que free-lance pendant quatre
ans, en mode, télé, spectacle, tous les corps de métier,
puis j'ai intégré l'école Chauveau en 92 comme professeur
où j'exerce depuis ce temps.
JD : Après
dix ans, où en est ta passion pour l'enseignement du maquillage
?
GUY : Intacte comme au premier jour, enrichie par l'expérience
et le désir de faire toujours plus, d'être au top niveau,
je suis très investi dans cette école, je donne le meilleur
de moi-même et me remets en cause constamment pour évoluer
et faire évoluer mes cours.
JD : En quoi
cette école est-elle spécifique ?
GUY : Je ne connais pas les autres écoles, je ne peux parler
de leur fonctionnement.
Cette école est la plus ancienne et la plus renommée en
France et ailleurs.
Ce que je peux dire est qu'ici nous formons une équipe extrêmement
soudée, autant les profs de maquillage que l'ensemble de l'équipe.
Par
exemple, nous sommes les seuls à posséder un studio photo
avec notre photographe intégré à l'école,
nous travaillons de fait ensemble jusqu'à la réalisation
des books.
Nous offrons la théorie et la pratique qui sont la base de notre
enseignement, mais nous donnons également le maximum de possibilités
à nos élèves de parfaire leurs connaissances en laissant
libre cours à leur créativité.
Nous les conseillons tout en respectant leur personnalité. C'est
un travail dans lequel nous sommes tous solidaires, afin que l'école
conserve une image d'excellence.Notre investissement est total, seul le
résultat nous importe.
Nous avons tous en tête que l'école soit toujours la meilleure.
JD : Où
trouvez-vous l'inspiration afin de faire évoluer vos cours ?
GUY : On s'inspire constamment des nouvelles tendances, des produits,
des médias, selon ce qui se profile, nous sommes à la pointe
des nouveautés.
JD : La formation
se passe sur un an, est-ce suffisant pour acquérir toutes les bases
d'un maquilleur ?
GUY : En un an, les élèves possèdent toute
la technique nécessaire pour exercer. Après, évidemment
il leur faut de la pratique. Mais là encore, nous continuons d'avoir
des contacts avec nos anciens élèves, nous ne pouvons nous
substituer à leur recherche de travail, mais s'ils le désirent
la porte est toujours ouverte.
Un an est suffisant pour connaître les aptitudes et le talent de
l' élève, ensuite tout dépend de son tempérament
et son caractère.
JD : Enfin quel
conseil donnerais-tu à un jeune qui souhaite devenir maquilleur
de nos jours ?
GUY : S'il est passionné, il n'y a aucune raison qu'il n'y
arrive pas. Surtout, il doit toujours chercher à s'améliorer,
être curieux et ouvert aux autres.
Après c'est une question de volonté.
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